Interview avec Anne et Willy

Publié le par pierre eric

Notre rédaction  est allée à la rencontre d'une équipe végétarienne, Anne et Willy. Ils ont consacré leur vie à la promotion du végétarisme et n'hésitent pas à voler au secours de la vie. C'est avec leurs coeurs qu'ils nous ont parlé lors de cette interview en ligne et nous tenons à leur dire merci.

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Brièvement, notre équipe végétarienne :
Anne, 93 ans, ex-professeur de musique (solfège et piano), ex-organiste dans les paroisses, ex-femme au foyer et mère de ...

Willy, 61 ans, ex-technicien puis chef de service dans les services techniques de la télévision nationale francophone, ex-joggeur, pratiquant occasionnel de VTT, fréquente assidûment les salles de musculation depuis bientôt 31 ans.

Nous sommes végétariens depuis 23 ans environ.

Comment êtes-vous arrivés au végétarisme ?
Anne :  mon mari était décédé d'un cancer en 1978.  Début des années '80, on parlait beaucoup en Belgique des hormones administrées au bétail (dans un souci de rentabilité) et du fait que ces hormones étaient cancérigènes.  J'ai vu une émission de télévision où on parlait de cela, un médecin (végétarien) présent en studio devait donner une conférence quelques temps plus tard, nous nous y sommes rendus et avons été convaincus.  Dans les jours suivants, nous étions devenus végétariens.

Vous consacrez beaucoup de temps aux activités végétariennes bénévoles, comment arrivez-vous à joindre les deux bouts dans une société de consommation comme la vôtre en belgique ?
Willy : nous sommes retraités, étant donné nos activités nous manquons de temps (libre) mais il n'y a pas de travail obligatoire, rémunéré, professionnel à assumer et il nous est possible de travailler pour le végétarisme et aussi ... pour quelques chats errants.  S'il y a bien entendu des cas malheureux, les indemnités de retraite doivent permettre aux gens de subsister dans la société où ces gens vivent.  Et puis, à nos âges on ne se précipite plus sur tous les gadgets (inutiles par définition, sauf pour remplir les caisses de ceux qui les fabriquent et les vendent).  En Belgique comme ailleurs, de nombreuses personnes sautent dans un avion dès qu'elles ont quelques jours de congé, vont ainsi quelques milliers de kilomètres plus loin ou de l'autre côté de la terre pour vérifier
(probablement ???) de leurs propres yeux que tout ce qu'on leur raconte est bien vrai :  la pollution, les changements climatiques, ...  Ce n'est pas notre cas.

Quel rapport faites-vous entre végétarisme et tolérance ?
Anne : les anciens mangeurs de viande que nous sommes doivent faire preuve de tolérance envers ceux qui continuent à consommer cette "horreur".  En espérant que s'ils continuent c'est qu'il sont mal informés, ignorant le mal qu'ils causent, les souffrances de leurs victimes, les animaux.  Mais à notre époque on peut se demander comment on peut encore ignorer ces choses et ... certains ne veulent pas savoir, ne veulent pas comprendre, ne veulent pas admettre.  Et c'est nous qui devons être tolérants ... mais parfois nous ne comprenons plus nos "semblables".

Votre opinion sur la télé et l'évolution des comportements.
Willy : la télé a certainement une influence sur les comportements mais elle est aussi le reflet de la société.  Les films sont ceux qui sont passés quelques années plus tôt sur les écrans des cinémas.  Evidemment, elle les rend accessibles à tout public, aux plus jeunes s'il n'y a pas de contrôle parental. 
Si elle produit des émissions elle-même, il n'y a jamais là excitation à la violence, sauf peut-être dans certains télé-films.  Il est vrai aussi que le journal télévisé, diffusé à l'heure du repas, offre (souvent) aux téléspectateurs la possibilité d'avoir tout autant de cadavres dans les yeux qu'il y en a dans leur assiette, mais s'il y a ainsi banalisation de la violence, c'est aussi le reflet de la violence ambiante.  Il y a eu évolution, je l'ai vécu puisque j'ai fait du montage d'actualités, on montre aujourd'hui des choses que l'on évitait il y a 30 ou 40 ans.  On peut espérer que les rédactions ne versent pas dans le sensationnalisme pour faire de l'audience.
Que penser aussi de certains (nombreux) jeux vidéos aujourd'hui ?

Quel enseignement aujourd'hui pour les jeunes ?
Willy : on ne peut pas tout demander à l'enseignement.  En premier lieu il est là pour former les jeunes en vue d'exercer un métier.  De les préparer ... à vivre, à vivre en société également.  Oui, il devrait sans doute enseigner aussi le respect des autres, le végétarien que je suis dira, hommes ... et animaux.  Mais il y a aussi pour cela la famille qui devrait d'abord enseigner aux jeunes le respect de leurs enseignants et ce n'est peut-être pas toujours le cas.

Que faut-il faire pour réduire la violence dans le monde ?
Willy : Aah ! Si on le savait !  Ce serait simple.  Mais la violence à toujours existé.  La nature est violente.  L'homme est violent et agressif.  Dans la nature sauvage primitive et avec le peu de force physique de l'homme par rapport aux grands animaux il n'a pu survivre que par son agressivité.  Aujourd'hui, alors qu'on ne rencontre plus une créature féroce (sauf un autre homme ?) à tout bout de champ, ce qu'il faudrait, c'est que l'homme découvre ... la sagesse.  Peut-être en découvrant le végétarisme ...

Avez-vous un mot pour les végétariens africains ?
Willy : qu'ils continuent, avec courage.  Les premiers hominidés, nous dit-on, seraient apparus sur le continent africain avant de conquérir le monde.  Si les africains d'aujourd'hui pouvaient faire la même chose, si les végétariens africains pouvaient convertir tous les hommes au végétarisme ... ce serait formidable, non ?

Votre rêve ...
Anne et Willy, en choeur : que le monde entier soit végétarien, bien sûr.  Que cessent ces massacres de nos frères les autres animaux sur notre mère commune, la terre.
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Publié dans L' interview

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