Interview de Joëlle Oldenbourg

Publié le par pierre eric


Joëlle Oldenbourg est créatrice en parfumerie, écrivain, archéologue,  égyptologue amateur, humaniste. Elle a 60 ans. Elle se bat en France pour le bien des animaux, des enfants et,  pour le respect de la vie. Elle aime la nature et la vie. Joelle pense que la non violence est le seul choix possible que l’homme sera obligé de faire un jour s’il veut survivre. Elle nous a accordé cette interview avec beaucoup de simplicité et d’amitié. C’est avec son cœur qu’elle a parlé, espérant que le monde l’écoutera. Joëlle , l’Afrique te dit aussi merci de tout coeur .

1. Qu'est-ce qui explique votre engagement pour la cause des animaux ?
Cet engagement vient de très loin. Il m’est arrivé, lorsque j’étais enfant, de ramener à la maison les chats de la rue que je croyais perdus. Les voisins savaient que lorsqu’un chat disparaissait, il fallait venir me voir. Je pense que c’est un vieux monsieur qui m’a appris à aimer les animaux, lorsqu’il me voyait il me racontait comment il fallait s’en occuper, les caresser derrière l’oreille pour les faire ronronner, les chats venaient nous voir et restaient autour de nous. Je rentrais souvent à la maison piquée par les puces.

2. Quel est le sort des animaux dans votre région ?

Pas trop mauvais si on ne veut rien savoir, mais il y a des problèmes de surpopulation parce qu’il n’y a pas de véritable politique de contrôle des naissances et qu’il y a des éleveurs sans respect qui ne pensent qu’à l’argent. On m’a dit, il y a quelques jours, qu’une grande ville très connue, Cannes, faisait disparaître les chats errants en les piquant. J’ai demandé des informations, mais n’ai pas obtenu de réponse. D’ailleurs, mon village qui est la première ville de France amie des animaux et anti-corrida n’a plus beaucoup de chats dans ses rues. Je suis bien obligée de penser au pire… et je me bats contre ça à ma manière http://www.observatoiremouansois.com/ville-anticorrida.htm  en faisant savoir la vérité…

 

3. Quel lien faites-vous entre la vie animale et la vie humaine ?

Je ne fais pas de lien, pour moi c’est une seule et même âme et nous appartenons tous à l’univers et à la vie. Je pense qu’il y a des animaux qui sont bien plus élevés que beaucoup d’hommes dans le sens où ils ne feront jamais de mal gratuitement et méchamment comme l’homme est capable de faire. Il y a quelques années, en Amérique du Sud, un homme a sauvé un petit crocodile qui était blessé et l’a élevé. Un film a été tourné. L’homme se baigne avec le crocodile, ils se roulent ensemble dans le fleuve, s’amusent ensemble, l’homme met sa tête dans la bouche du crocodile. C’est une belle leçon. Je rêve du jour où les animaux sauvages et les hommes partageront ces moments merveilleux car il n’y aura plus d’agressivité dans l’homme. L’animal sent l’amour qui est en nous, il sent tout. L’homme ne sent plus rien, il ne pense qu’au fric et au sexe.

 

4. Pourquoi estimez-vous que les hommes devraient avoir du respect pour la vie animale ?

Parce que nous avons tous été créés par L’Etre Divin, Un, Eternel, que nous sommes une seule et même vie. Parce que nous savons maintenant que l’ADN humain est le même ADN que celui de l’animal à la seule différence que l’ADN humain s’est spécialisé à partir de toutes les expériences que les autres règnes vivants ont intégrées.

 

5. Que pensez-vous du végétarisme ?

Je pense que dans les civilisations traditionnelles et de type agricole, il y a des règles que les paysans connaissaient et qu’ils traitaient les animaux qu’ils tuaient avec respect parce qu’ils avaient une forme de sagesse et de compassion que les sociétés industrielles n’ont plus. Par exemple dans un poulailler on ne peut avoir qu’un coq pour cinq poules, sinon le coq épuise les poules. Conclusion, on gardait les poules pour la reproduction et on tuait les poulets pour les manger. Il y avait un équilibre à respecter. De nos jours, il faut produire le plus possible de tout et tout tuer le plus vite possible. Dans les élevages industriels, il y a des milliers voire des centaines de milliers d’animaux, on les écrase, on leur coupe le bec pour qu’ils ne s’entretuent pas, ils vivent dans leurs excréments… l’horreur !  Voir le film de l’ONU « we feed the world »  (sur le blog http://khepera.over-blog.com    et sur le site du même nom. Jean Ziegler explique qu’une tomate produite en Espagne  par les multinationales qui contrôlent la planète revient moins cher (son coût de transport inclus) sur un marché africain qu’une tomate produite par un paysan sur place. Idem pour les animaux qui sont élevés dans des conditions atroces et qui sont expédiés sur toute la planète.

 

6. Quels sont selon vous les fondements de la barbarie de l'humain contre le règne animal?

L’argent, disait Saint François d’Assise, est le crottin du Diable… pour moi, je me trompe peut-être, les fondements de la barbarie sont liés à une vision déformée et intéressée de la religion à travers le monde. Il y a une ambiguïté terrible que les animaux paient de leur vie. Toutes les religions ancestrales et proches de nous ont vénéré l’animal et en même temps l’ont sacrifié en perpétuant l’idée que l’animal était l’esclave de l’homme. Nous nous sommes habitués aux sacrifices et nous continuons de les perpétuer quelle que soit l’excuse que nous prenons. Fut un temps pas si lointain nous faisions de même avec l’homme. Puis la notion de profit monétaire s’est ajoutée lorsque le troc naturel que les hommes ont longtemps pratiqué a été remplacé par les pièces de monnaie. Lorsque la civilisation de masse, industrielle, a explosé, alors là la dégringolade a vraiment commencé ! En fait, cela s’est fait en plusieurs paliers au fil des millénaires, progressivement nous nous sommes enfoncés dans l’habitude que l’animal pouvait tout subir, même le pire. Il y a aussi dans les religions, comme me le rappelait mon amie Marie-Hélène, la notion de « bouc émissaire » dans chaque groupe humain, à plus forte raison religieux !

 

7. Pensez-vous que l'humain puisse un jour respecter l'animal comme un compagnon de vie?

Je l’espère car l’animal ne trahit jamais, n’oublie jamais, aime toujours la main qui l’a caressé et le cœur qui l’a aimé. Les animaux sont nos frères, nos instructeurs, nos protecteurs. Ils ont plus de cœur que nous.  Lorsque nous sommes malades, si un chien est proche de nous, il est courant qu’il attrape la maladie que nous avons. Il arrive aussi qu’il capte même la maladie que nous aurions pu avoir pour la prendre à sa charge et nous éviter de mourir. Cela m’est déjà arrivé et je suis reconnaissante à mes deux chiens qui se sont  « sacrifiés » sans rien me demander, simplement parce qu’ils me sentaient en danger dans les moments les plus difficiles de ma vie, je ne les oublierai jamais. Enquêtez autour de vous, vous verrez que cela arrive souvent, même si nous n’y faisons pas attention.

 

8. Il semble que la souffrance des animaux soit banalisée parce que les hommes considèrent les animaux comme de simples produits alimentaires, Quelle est votre opinion?

Bien sûr, c’est ce que je dis sur les fondements de la barbarie contre le règne animal. Il y a en fait trois façons de nous justifier, la première est la religion (on se donne le droit de tuer parce qu’on estime que Dieu nous le permet, que ce soit l’humain ou l’animal…), la seconde est le sadisme inhérent à l’homme qui est encore dans les limbes de l’humanité (ce que j’appelle les monstres à masque humain), le zoosadique se réjouit du mal car son esprit est vicié. Avant j’aurais dit l’homme qui est encore dans la bestialité. Mais maintenant je sais que traiter l’homme cruel de « bête» est une insulte à l’animal…   La troisième est l’argent qui pourrit tout et qui massacre le vivant comme le font les multinationales de l’alimentation qui sont souvent approvisionnées par des sociétés ou des agriculteurs plus petits qui petit à petit ont accepté les règles de la mondialisation car dès qu’ils ralentissent c’est fini, ils sont foutus. C’est un cercle vicieux.

 

9. La non-violence est-elle la voie vers le respect de la vie que vous semblez défendre ?

Nous sommes plongés partout sur cette Terre dans la violence qui ne fait que s’aggraver, pour les mêmes raisons évoquées plus haut mais là il s’agit tout simplement non plus de nourriture mais d’armes qui est le premier marché du monde et de contrôle des sources d’énergie comme le pétrole !  La non-violence est le seul choix possible que l’homme sera obligé de faire un jour s’il veut survivre car il plonge la Terre dans un tel chaos que s’il ne change pas rapidement et continue cette violence extrême envers les humains, les enfants et les animaux, il s’autodétruira, peut-être plus rapidement qu’il le pense.

 

10. Avez-vous une solution aux problèmes de guerres et de conflits armés ?

Si j’en avais !  Nous avons tous en nous la solution. C’est l’Amour. La Vie vient de l’Amour. Quand le cœur des hommes s’ouvrira à l’Amour, alors ils cesseront de produire des armes et ils arrêteront de tout saccager pour reconstruire après. Ils partageront les richesses qu’ils ont et ils cesseront d’exploiter les autres hommes. Ils cesseront de s’entretuer sous prétexte que leur Dieu est meilleur que celui de l’autre et ils respecteront la vie sous toutes ses formes. La Terre est notre mère nourricière, l’Afrique était un paradis il y a encore seulement une trentaine d’années. Il faut se tourner vers l’avenir en développant les énergies libres qui nous rendent indépendants des grands systèmes industriels, faire comme faisait Gandhi, revenir à la Terre et devenir solidaires avec elle et ses êtres vivants, entre nous. Redevenir des petits pôles de Lumière. L’Amour guérit tout. Mais quand ? Avons-nous encore assez de temps ? Les animaux sont guérisseurs, réapprenons à les aimer, l’homme est un animal, même s’il est le pire des prédateurs que la Terre ait jamais portés. Il peut être guérisseur aussi. Continuons d’espérer et d’œuvrer.

Pierre Eric

 

 

 

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Publié dans L' interview

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L
Ah si tous les pays du Monde voulaient juste partager leur Tradition c'est dire ce qui fait de chacun d'eux à la fois leur spécifité mais en même temps la grande chaîne d'Union.<br /> Si tous les pays pouvaient mettre en commun ce qui les unit, si les textes sacrés n'avaient pas été autant déformés par ceux qui avaient intérêt à ce que les principes d'Universalité échouent<br /> Si l'on n'avait pas touché à tous ces pays qui étaient des centres d'harmonie planétaire comme le Tibet ou l'Afghanistan<br /> Crois-tu Joelle que tout ça soit rattrapable ???
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J
Merci à toi, Vesna, qui sais tout déjà dans ton coeur et n'as donc rien à apprendre de moi... lorsque nous sommes justes, dans cette voie de la non-violence chère à Pierre Eric et à tous les défenseurs de la Vie Une et Universelle qui vit en tous les êtres frères, nous nous retrouvons dans ce langage car il est le seul possible pour un futur vivable... Et pourtant, les grands prophètes nous ont enseigné ces principes depuis des millénaires et nous ne les avons pas écoutés. Nous avons préféré nous exclure, nous exploiter, nous entretuer. Il est donc grand temps de changer. Merci à tous deux, avec une pensée pour l'Afrique, ce continent si merveilleux qui souffre tant actuellement. Chaque peuple porte en lui ses perles de sagesse, les anciens textes africains nous le montrent bien. Je souhaite que l'Afrique qui, disent certains textes sacrés, est le "nez" de la Planète, retrouve vite force, joie de vivre, santé et fraternité pour que ses habitants puissent y vivre dans le bien-être et la paix, mais aussi dans le respect des autres êtres vivants qu'elle apprend peu à peu à protéger. Merci Pierre Eric, quel beau travail tu fais !
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V
Tout simplement superbe !! Une émouvante et forte interview. Merci à Joëlle qui sait si bien employer les mots justes pour exprimer tout cela. Je le ressens exactement ainsi ! J'aimerais pouvoir en parler aussi bien (faudrait que j'apprenne cette itv par coeur hihi...).
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