L'industrie pharmaceutique désavouée par l'OMS

Publié le par pierre eric

 

Au grand dam de l'industrie pharmaceutique, la conférence du Groupe de travail sur la santé et la propriété intellectuelle de l'OMS a tranché en faveur de l'accès universel à la santé.

La controverse sur l'accès aux médicaments essentiels par les pays pauvres est revenue sur le devant de la scène lors d'une réunion à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s'est achevée samedi à Genève. Au grand dam de l'industrie pharmaceutique, la conférence du Groupe de travail sur la santé et la propriété intellectuelle a tranché en faveur de l'accès universel à la santé. La conférence a encore prévu une session fin avril afin d'achever la rédaction du document final, avant l'Assemblée mondiale de la santé en mai. A la base de la dispute, il y a le rapport dirigé par l'ancienne conseillère fédérale suisse Ruth Dreifuss. Ses conclusions sont sans appel: le régime actuel, orienté par le marché et basé sur les brevets, répond avant tout aux besoins de rentabilité des firmes pharmaceutiques.

Si les recherches de base menant aux nouveaux médicaments sont pour la plupart effectuées par des instituts, la suite est reprise par le privé. Ainsi, ce sont les secteurs prometteurs au niveau commercial qui décrochent des fonds de recherche. A l'opposé, le paludisme reste sans traitement efficace: selon l'OMS, il touche environ 40% de la population mondiale, essentiellement dans les pays les plus pauvres, et plus de 500 millions de personnes en sont gravement atteintes. De même la trypanosomiase (maladie du sommeil) et la leishmaniose sont classées par l'OMS comme maladies très négligées par la recherche. A la suite du rapport Dreifuss, l'OMS avait formé l'an passé un groupe de travail chargé d'explorer des pistes pour remédier à ces déséquilibres. Mais l'industrie pharmaceutique ne veut pas voir les laboratoires de recherche être utilisés pour développer des produits qui ne seront que peu rentables. Pis, les pharmas entendent protéger leurs droits de propriété intellectuelle sur les médicaments déjà existants. L'industrie ne cesse de rappeler les coûts de la recherche et du développement d'un médicament. Elle est en revanche moins diserte sur les sommes colossales qu'elle consacre à la promotion et la publicité. A Genève, le lobby pharmaceutique voulait renvoyer le sujet à l'Organisation mondiale du commerce. Dans son accord sur les APDIC (aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce), l'OMC permet aux pays pauvres, dans des cas d'urgence sanitaire, de copier des médicaments brevetés moyennant un paiement symbolique au propriétaire du brevet ou d'importer des génériques. Mais, en réalité, les pays qui ont essayé de recourir à ce mécanisme se sont heurtés à une vive opposition de la part des entreprises et de leurs gouvernements. A tel point que les tentatives se sont presque toujours soldées par un échec. Les avocats de l'industrie prétendent que le système actuel fonctionne très bien, citant le médicament ivermectin, développé par Merck et utilisé pour traiter l'onchocercose (cécité des rivières). Les ONG rétorquent qu'il s'agit d'un produit vétérinaire dont l'efficacité sur les êtres humains a été découverte par accident.

Mercredi, cependant, la conférence a passé un cap: elle a adopté formellement une disposition selon laquelle le document final pourrait prendre la forme d'un traité international, à l'instar de la Convention cadre contre le tabac. Une telle formalisation inciterait les Etats à davantage investir dans la recherche sur les maladies négligées. Le docteur Howard Zucker, directeur-général adjoint de l'OMS, a insisté sur le fait que l'OMS était arrivée à réunir tous acteurs concernés et que les délégués se parlaient. Quant à James Love, activiste de longue date et directeur de l'ONG Knowledge, Ecology and Innovation, il a regretté que l'industrie pharmaceutique ait tenté de bloquer toutes les nouvelles idées, y compris celle d'un traité sur un régime de recherche et de développement. Mais les discussions avancent, s'est-il réjoui.

Source:
www.infosdelaplanete.org
 
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J
C'est bien que tous aient accès aux médicaments mais à cpndition de faire un bébé par famille car si on continue, la Terre ne pourra plus supporter la pression de la prolifération humaine dans le monde.<br /> <br /> Pierre, encore une fois, je te pose une question: peux-tu m'aider à avoir un correcteur d'orthographe comme tu en as un dans tes commentaires? Merci encore mais tu ne tiens pas à me répondre?Ou l'as tu fait et j'ai pas lu?
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