Le testament du lièvre
Dans une forêt d’arbres sauvages
De roses et de marguerites libres,
Au milieu des lisères magnifiques,
Au cœur d’une peuplade de perdrix
Et de ronces mystérieuses,
Vivait un lièvre esseulé et sage.
Jamais, il n’a maudit un passant.
Le chasseur, ce dangereux oracle,
Jamais n’avait découvert son lit.
Le lièvre partageait des jours d’été,
D’amour, et de loyales amitiés,
Avec ses fidèles amis du cénacle.
Toute la nature et le ciel,
A son âme contemplative,
Inspiraient des chansonnettes
Amoureuses et récréatives.
Mais, un soir d’Egypte,
Alors qu’il attendait la lune,
Le vent souffla dans le cénacle.
Et le fer au bras,
Comme dans les combats périlleux,
Le chasseur arriva dans les bois.
Et son arc fatal trouva,
Dans la chair de l’animal apeuré,
Un reposoir mortel.
Le lièvre couru vers sa tombe,
Creusée au premier jour du monde.
Jeta un regard d’amitié
Sur l’homme débout à ses côtés.
« Toute vie est sacrée et merveilleuse.
J’aurais voulu vivre la mienne
Jusqu’au bout de l’hiver ici bas.
Voyager et chanter pour toi,
Les tambours d’Afrique réveillée.
Jamais sous le firmament,
L’homme ne connaitra de répit
Tant que dans son cœur
Demeurent la haine et la peste.
Adieu pauvre compagnon de vie ! »
Murmura la bête avant de mourir.
Pierre Eric