| Sans doute que la lueur est encore trop faible pour faire la ''une'' des grands journaux internationaux. En tous cas, ce n'est pas sur ces journaux-là qu'il faudra compter pour le crier sur les toits, car ils sont habitués à ne voir dans notre continent que ce qui est noir : catastrophes, épidémies, guerres, génocide. | |
| N'empêche que depuis le début de l'année souffle sur l'Afrique comme un vent de paix qui, s'il continue sa course, pourra certainement emporter les lourds nuages noirs qui, au fil des ans, se sont amoncelés au-dessus de nos têtes. Ce qui est surtout remarquable, c'est que cette paix a été l'oeuvre des Africains eux-mêmes et oeuvrant en Afrique. Preuve qu'ils peuvent le faire sans ingérence extérieure. Le président Laurent Gbagbo scellant la réconciliation avec Guillaume Soro à Ouagadougou devant le président Burkinabé Blaise Compaoré ! Qui pouvait le prévoir, habitués que nous étions à attendre le salut de l'extérieur. On imagine la dose de courage et d'humilité qu'il a fallu au président Gbagbo pour se rendre au Burkina considéré comme le fief des rebelles à son régime, et se réconcilier avec celui-là même qui a failli le renverser dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Autre image, autre lieu, mais même scène : Idriss Deby tout sourire à Tripoli aux côtés de son ennemi Omar el Bechir du Soudan, qu'il considérait encore hier comme étant à l'origine de tous ses malheurs, au point que le Tchad s'était tout simplement déclaré en état de belligérante avec son voisin, se permettant même de faire des incursions militaires à l'intérieur du Soudan. Des aventures sans lendemain ? Que non ! A preuve, en quelques mois, la paix a avancé dans ces pays plus que les années antérieures. En Côte d'Ivoire par exemple, la fameuse zone de confiance qui divisait le pays en deux, a disparu ; l'administration s'est même déployée dans le nord, les élections auront certainement lieu cette fois-ci au début de l'année prochaine. Comme prévu. Au Tchad et au Soudan, ce qui apparaissait comme impensable sera bientôt une réalité palpable, à savoir le déploiement d'une force au Darfour, province soudanaise meurtrie par quatre années de guerre civile. Le Darfour et la Côte d'Ivoire ne sont pas des exceptions. Depuis dimanche, le chef de l'Etat burundais Pierre Nkurunziza est en train de finaliser les derniers réglages avec la dernière rébellion à son régime, les FNL (forces nationales de libération). Tout cela en terre africaine (Tanzanie) devant le regard du chef de l'Etat tanzanien Jakaya Kikwete. On peut espérer que c'est la même dynamique de paix qui va animer le Maroc et le Polisario empêtrés dans un conflit de 32 ans sur le Sahara occidental. Ils ont entamé lundi des négociations directes qui vont certainement aboutir. Même la Somalie prévoit dans quelques jours tenir une grande conférence nationale de réconciliation pour panser les plaies de 17 ans de guerre civile. Des exemples qui prouvent qu'avec un peu de bonne volonté, on peut faire de grandes choses. On ne peut que se réjouir de cette dynamique de paix qui anime notre continent. Les conflits armés sont assurément l'un des principaux obstacles au développement vers lequel court désespérément l'Afrique. Source: Planète Urgence n°51 |