La préservation des forêts prise en compte à Bali

Publié le par pierre eric


AP | 15.12.2007

Bouffée d'espoir "vert" à Bali: les participants à la conférence des
Nations unies sur le changement climatique sont convenus samedi d'inclure la préservation des forêts dans les prochaines négociations sur un nouvel accord de lutte contre le réchauffement de la planète. Cette
entente ouvre la voie à des milliards d'euros de dépenses pour s'attaquer à l'exploitation illégale des zones boisées.

Face à la déforestation, qui représente 20% des émissions de gaz à
effet de serre dans le monde, les gouvernements se doivent de trouver une solution à un problème alimenté par la demande croissante de bois de construction et d'huile de palme, la corruption et la pauvreté endémique.

Le mécanisme, Réduction d'émissions issues de la déforestation et de la
dégradation (REDD en anglais), vise principalement à verser
suffisamment d'argent aux pays tropicaux en développement afin qu'ils préservent leurs zones boisées.

Le programme fera partie des négociations destinées à aboutir à un
traité prolongeant le Protocole de Kyoto de 1997, quand ce dernier expirera en 2012, et représente un "bon équilibre entre les vues des différents pays", a estimé le commissaire européen chargé de l'Environnement Stavros Dimas. "Il s'agit d'une des réussites importantes de la conférence".

La sauvegarde des forêts tropicales, particulièrement en Amazonie, en
Indonésie et dans le bassin du Congo en Afrique, s'est heurtée à des
décennies d'échecs. Différents programmes n'ont pas permis de ralentir le rythme du déboisement illégal, entraînant chaque année la disparition
de quelque 13 millions d'hectares de forêt, selon la Banque mondiale.

Le Brésil et l'Indonésie -où 80% des émissions de dioxyde de carbone
proviennent de la déforestation- sont les plus touchés, du fait de
l'exploitation illégale et de la hausse de la demande en biocarburants et
autres produits comme les graines de soja.

Mais avec des fonds équivalant 15,6 milliards d'euros -le montant de la
somme qui pourrait être réunie dans le cadre du programme REDD-, les
défenseurs de l'environnement et les gouvernements de pays tropicaux
espèrent un renversement de tendance.

Le mécanisme est salué non seulement comme une solution au changement climatique mais aussi comme un moyen de contribuer à la protection de la biodiversité et de fournir un bouclier protégeant des populations d'inondations et de glissements de terrain, si fréquents dans la majeure partie de l'Asie du Sud-Est.

Il a déjà conduit à plusieurs projets de protection des forêts.
Mercredi, huit gouvernements occidentaux ont annoncé des plans pour donner 114 millions d'euros au Fonds de partenariat pour le carbone financier (FPCF) de la Banque mondiale nouvellement créé, qui s'attaquera au changement climatique et à la déforestation. La Norvège, qui contribue au Fonds, a aussi annoncé son intention de consacrer annuellement 375.855 euros, durant les trois prochaines années, à des projets de réduction de la déforestation dans les pays en développement.

Des points de friction demeurent cependant. Le Brésil souhaiterait voir
les gouvernements occidentaux fournir une aide à un fonds qui
verserait au compte-goutte de l'argent aux pays qui luttent contre la
déforestation. La Papouasie Nouvelle-Guinée et d'autres pays en développement veulent pour leur part un système où les Etats obtiendraient des crédits pour sauver leurs forêts.

D'autres s'inquiètent de la méthodologie pour vérifier les efforts
déployés par un pays pour reboiser une zone, de la corruption qui reste
répandue et du risque que les tentatives de sauvegarde des forêts
contraignent des populations indigènes à quitter leurs terres.

Pour Simone Lovera, de la Global Forest Coalition, "le processus tout
entier est dominé par les intérêts" de "l'exploitation forestière, et
des entreprises d'huile de palme et de soja" ont "commencé à réclamer des compensations pour chaque arbre qu'elles n'abattront pas". AP

http://terresacree.org
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Publié dans Environnement

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